The Literary Saloon bring a George Perec-related exhibition to our attention, reviewed in Paris Art:
Le titre de l’exposition, [’Regarde de tous tes yeux, regarde’] qui sonne comme une formidable invitation à intensifier le regard, reprend l’exergue que Georges Perec a choisie pour La Vie mode d’emploi [Life, A User’s Manual]. Car c’est à partir de l’œuvre entier de Georges Perec que sont examinées quelques unes des grandes convergences esthétiques entre l’art et la littérature à l’époque moderne et surtout contemporaine.
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Confronté dans sa vie à une perte incommensurable défiant toute expression, Georges Perec a construit une très sophistiquée machine littéraire sur un principe de subjectivité inexpressive. L’inexpressivité n’étant pas une abolition de la subjectivité, mais l’une de ses versions littéraires et artistiques — version plate et superficielle, sans profondeur apparente, distanciée.
Faute de pouvoir exprimer un trop grand inexprimable, de l’inscrire dans l’évidence lexicale et narrative des textes, Perec l’encode dans les structures syntaxiques de sa machine littéraire — ses programmes, ses contraintes, ses «cahiers des charges», ses combinatoires, ses enregistrements, ses inventaires, etc.
Ce faisant, son œuvre rentre dans ce secteur de l’art contemporain où la traditionnelle profondeur a fait place à des formes de platitude et de superficialité; où les affects des auteurs et des artistes s’effacent devant les machines picturales, littéraires ou figuratives; où la photographie est tour à tour paradigme et matériau.Dans cet art a-subjectif comme dans la littérature inexpressivement subjective de Perec, les œuvres ne s’épuisent pas dans leur visibilité ou leur lisibilité, parce qu’elles résident dans la plate profondeur de leurs processus artistiques et littéraires de production. C’est dans cet infra-mince que Perec a contribué, avec d’autres, à se faire rencontrer la littérature et l’art contemporain.
Further: Perec’s ‘Thoughts on the Art and Technique of Crossing Words’ [The Believer 2006] / ‘Oulipo Ends Where the Work Begins’
First posted: Wednesday, July 2nd, 2008.
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